Putain, c’est
quoi
c’t’odeur… Qu’est-ce que
ça peut bien
être ? Avec un haut le
cœur, Je vais fermer la
f’nêtre. Mais
d’où vient ce relent, Qui glisse et qui
s’immisce, Ce remugle qui prend, Par tous les interstices. Y aurait-il quelque part, Un cadavre
oublié, Pourrissant dans le parc, Ou au fond du
grenier ? Un accident chimique Serait-il
survenu ? Une fosse septique Serait-elle en
crue ? Mais putain,
c’est quoi
c’t’odeur !... De poisson ventre à l'air Ces étranges
senteurs Charriées par l'amer Putain, c’est
quoi
c’t’odeur… Cette puanteur rogue Ces effluves de peur De pillards en maraude Ces nausées
persistantes M’enveloppent
et me suivent Sournoisement me hantent Et avec moi
dérivent Je frotte mes chaussures Inspecte mes semelles Mais le relent perdure Et renaît de
plus belle… Sur le calendrier
posé dans
le salon, il est inscrit 7 mai, lendemain
d’élection… On a marché
dedans ! Elles sont
bourrées nos
urnes A voter comme
des burnes, Aux armes, allons
enfants ! On a marché
dedans ! Maintenant on patauge, Servi à la
même auge Tout un pays de glands On a marché
dedans ! Et d’ici
qu’on la perde La saveur de la merde Il faudra bien cinq ans On s’y est mis
tout seul Petit peuple soumis Qui s’fait
marcher sur la
gueule Et puis qui dit
« Merci ! » Tu peux dans ton errance Bien frotter tes semelles Cette odeur
c’est la France